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Mayasana
(La posture de l'illusion)


Présentation :

Les jambes sont pliées l'une sur l'autre, les genoux se touchent, et les talons sont écartés de part et d'autre des fesses. Les mains peuvent se joindre en se saisissant du genou haut, dans une Mudrà spécifique, selon le ressenti de chacun. C'est une posture qui stimule l'énergie du coeur. L'on peut prendre en correspondance le geste de la langue Kaki Mudrà ou également Khéchari Mudrà C'est une grande posture dans laquelle le ressenti intérieur peut s'avérer intense et magnifique.

Encore un mot sur le coeur, c'est vraiment le centre de tous les centres, le véritable miroir dans lequel l'être universel se reflète. L'on raconte qu'il existe une Nadi secrète qui part du coeur et qui rejoint directement le centre transcendant situé au desssus du crâne (Sahasrara Chakra), en contournant la porte du front qui ordinairement barre l'accès à la Réalité.

Il est dit aussi que cette Nadi est empruntée uniquement par ceux et celles qui ont le coeur pur et qui peuvent alors parvenir sans encombre au domaine resté vierge de toute dualité et de toute impureté. Pour ces êtres sans tâches, ce domaine, de plus, semble incompréhensiblement les attendre depuis toujours. L'impureté et la pureté sont définies ici comme ce à quoi l'on s'identifie, ou encore ce que l'on reconnaît spontanément comme étant sa véritable Nature. Contrairement aux croyances il n'est pas question ici de morale ou d'immoralité, mais plus simplement de ressentir ce qui est véritable en rapport avec ce qui est factice.

Cette dernière proposition nous renvoi à Mâyà, nom donné à cette posture, la puissance d'illusion de l'être cosmique, qui se cache à lui même, et ne se révèle dans sa véritable forme qu'aux êtres qui le recherchent avec intensité et pouvoir. Cet accès est dit-on caché dans une grotte au plus profond de notre coeur, un personnage y habite, il s'agit du vieux Rudrà, ses prunelles brillent d'un éclat mystérieux, son regard est fou, il est ivre et pour toute réponse à ceux ou celles qui le questionnent, il répond par un rire sardonique qui fait peur.

Rudra représente le seigneur des larmes, qui détruit les mondes. Rudra Shiva symbolise la dissolution, l’annihilation de toute existence individuelle et cohésive. Rudra Shiva manifeste la force de destruction, qui emporte l’individu vers l’anéantissement dans le flot de l’écoulement du temps. C’est la mort, qui inévitablement et sans pitié désintègre toutes les entités vivantes, les précipitant dans l’obscurité du non-être. Rudra Shiva est aussi ce qui permet l’expérience des sens et la jouissance de la vie. Il est l’expérience des mondes sensibles et du plaisir. De ce point de vue, il peut être cruel et mû par la seule quête du plaisir.

A ceux ou celles qui ne voient que démence et folie redoutable, mais qui, en insistant, cherchent à forcer le destin en lui demandant l'accès au domaine recherché, le vieux Rudrà indique malicieusement de faux chemins qui se perdent dans la forêt, les renvoyant par là même aux objets que prennent leurs propres désirs. Pour ceux ou celles qui au contraire se trouvent émus par lui, et qui n'écoutant que leur coeur, cherche de manière intuitive à mieux connaître cet étrange et lubrique personnage, le vieux Rudrà s'avère alors bienveillant et montre naturellement combien leur chemin est libre : ils ne doivent qu'à eux mêmes de vouloir pénétrer plus profondément dans la grotte qui se continue.

Ce passage est très subtil parmi d’entre tous, il prend justement forme lorsque l’adepte devient lui-même sans forme.