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SACRE MERDIER - MERDIER COSMIQUE

Pô, Pô, Pô,,,,,,,,,Pônmmm…

« Qui sommes nous ? D'où venons nous ? Où allons nous ? »

« Pourquoi l'univers existe-il ? »

« Etre ou ne pas être ? » 

« Pourquoi tant de haines ? »

« Pourquoi la Terre n'est elle pas un paradis avec les moyens dont nous disposons ? »

"   ♪♫...Should I stay or should I go ?... ♪♫ " (ya bon les Clash)

“ Dans quelle étagère ?”

  

Bref, nous ne savons pas pourquoi nous sommes là,
ni ce que nous sommes supposés y faire
mais tout ce que nous savons c'est que nous mourrons...
Mais quand ? où ? comment ?...

 

Si vous vous êtes déjà posé ce genre de questions, vous trouverez dans cette synthèse de la vision des chôses du bouddhisme Vajrayana (bouddhisme tantrique) quelques explications qui éclaireront peut-être cet abîme sans fond qui vous étreint dans ces moments de grandes réflexions...

( Les autres comprendront peut être
pourquoi ils ne se les sont jamais posées.< ;o)

 

Quand ces questions cosmogoniques ou métaphysiques ultimes étaient posées au Bouddha Shakyamuni lui-même, il répondait après un silence prolongé significatif :

« Une réponse théorique imparfaite  ne conduit pas au bien-être, au dharma, à la vie sainte, au détachement, au sans-passion, à la cessation, à la tranquillité, à la réalisation, à l'illumination, au nirvana », il déclarait également : « inconnaissable, frères, est le début de ce voyage. Le point origine n'est pas révélé… aux êtres voilés par l'ignorance, attachés au désir. »

 

Voilà, il fallait que cela soit dit avant de rentrer dans le vif (aie !) du sujet.

Le Tantrisme a pour but de réveiller toutes les énergies disponibles dans le corps, les émotions et l'esprit pour les rassembler et en faire le véhicule supersonique qui nous transportera vers l'illumination, cet état qui nous permettra de connaître dans leur vérité l'origine et la raison d'être des chôses et des hommes. Le Tantrisme explique la genèse du monde et dresse le plan de son mécanisme en plongeant ses racines au cœur des chôses en abordant le problème du Temps.

Avant tout, il faut rappeler que la notion du Temps a façonné et façonne encore notre vision du Monde. La compréhension de la nature et des implications de la vision du Temps permettra de clarifier un peu nos malaises et tensions personnels qui influent d'une manière ou d'un autre sur l'évolution à tous niveaux (écologique, politique…) de notre planète.

Nos sociétés occidentales sont portées par une vision linéaire du temps qui peut être représentée par une droite infinie, sans début ni fin, orientée du Passé vers le Futur. Le Présent peut y être figuré par un point positionné quelque part sur cette droite (mais où ??!).

En deçà de ce point Présent, le Passé dont l'origine se perd avec l'origine infinie de cette droite temporelle et, au-delà, le Futur qui se perd également avec l'extrémité infinie de cette même droite.

L'impossibilité de placer précisément le point Présent sur cette extension infinie de la droite du temps est justement à l'origine du questionnement occidental de base qui nous taraude tous plus ou moins intensément : « d'où venons nous, qui sommes nous, où allons nous ? »

Cette linéarité du Temps suggère en effet une continuité de mouvement et de changement à partir de l'extrémité incertaine du passé vers l'extrémité tout aussi incertaine du Futur.

Ce concept linéaire du Temps est apparu avec le judaïsme (cf. l'Ancien Testament) et s'est répandu en Occident au début de l'ère de la Renaissance pour être ensuite imposée au cours de l'Histoire aux autres sociétés plus traditionnelles qui, elles, étaient portées par une vision cyclique du Temps.

La conception linéaire du Temps en est venue à dominer la structure de notre mode de pensée, d'évolution et d'action quotidiennes. En effet, dans ce déroulement linéaire du Temps en Passé-Présent-Futur les personnes tournées vers le passé et/ou le futur se coupent des possibilités spirituelles inhérentes à la plénitude que l'on peut connaître dans l'instant présent. Elles ne peuvent donc pas être en relation instantanée et continue avec les qualités et les énergies de l'environnement naturel car elles sont privées de la possibilité de se rallier à un vrai centre de permanence donnant un sens et une direction au changement.

De plus ce Temps linéaire est indissociablement lié aux orientations de valeur qui lui ont donné naissance à l'origine. Depuis le Siècle des Lumières, et l'avènement de la Science avec ses différentes branches, est apparu l'idée qui veut que tout ce qui vient avant sur cette échelle linéaire est inférieur au plus récent ou à un point du futur vers lequel nous nous dirigeons : c'est l‘apparition de la notion de Progrès, un mouvement qui va de l'avant en poursuivant inéluctablement une pente ascendante conduisant vers le mieux, le meilleur…( le mieux est-il l'ennemi du bien ?...).

Par contre la vision cyclique du Temps renvoie à une vision cyclique des processus de changement inhérent à la Nature dans ses apparences et ses modes de fonctionnement (cycle du cosmos, du soleil, des saisons, de la vie…). Les sociétés traditionnelles portées par cette vision cyclique célébraient les grands mystères du cosmos par des cérémonies et des rites saisonniers donc cycliques.

Au travers de leurs différents modes d'expression (musiques, danses…) et leurs activités de re-création, ces sociétés traditionnelles rendaient hommage au changement en le reconnaissant et en affirmant son existence significative par rapport à l'immuable Grand Mystère qui, lui, correspond au centre de tout cercle ou cycle. Une personne qui se positionne au centre possède alors en lui quelque chose de ce Mystère qui l'entoure et fait partie intégrante de la Création-Manifestation tout en restant Unie avec tout ce que existe. Il s'en est suivi que toutes formes animées ou inanimées de la Nature étaient tenues pour sacrées et donc traitées avec respect. Dans cette vision cyclique du Temps, le questionnement occidental de base n'a pas lieu d'être car chacun connaît sa position au centre et à la périphérie de cycles insérés dans d'autres cycles depuis des temps dits « sans commencement ni fin ».

Pour en revenir à l'idée occidentale du Temps, celle-ci peut être représentée à la vue que l'on a du paysage à partir du rétroviseur d'une voiture en marche sur la droite temporelle linéaire, le Temps ne pouvant se concevoir qu'en regardant en arrière jamais en avant. Emergeant d'un futur invisible, les objets jaillissent dans notre champ visuel en s'encadrant dans le cadre de notre « conscience du présent » (le rétroviseur). A mesure que le temps passe, les choses et leur contour filent vers l'horizon (elles prennent de l'âge) tout en paraissant avoir un début et une fin.

 
« A » chose ou une personne à présent décédée que nous avons connue car nous pouvons voir son existence entière de son début à sa fin.
« B » chose ou personne qui a commencé et est encore avec nous.
« D » chose ou personne qui a existé dans une histoire lointaine.
« C » chose ou personne qui semble exister depuis une éternité.
« E » chose prévisible devant se passer dans l'avenir.

C'est cette vision des chôses qui suggère cette conception du Temps linéaire avec un début infiniment éloigné (le point central vers lequel les objets s'évanouissent dans le passé). Selon cette conception linéaire du Temps, le cadre de notre « conscience présente » coïncidait peut être, à l'origine, avec ce point central. Tous les objets qui sont ensuite apparus dans ce cadre se trouvent peut-être liés entre eux par des chaînes de causes à effets.

De toute façon, dans ce cadre de notre « conscience présente », la réalité dans le moment présent des objets, situés à une certaine distance entre celui-ci et l'horizon, échappe à toute expérience immédiate. En effet, personne ne connaît, d'expérience directe, la réalité d'aucun événement historique même récent ni celle de l'existence réelle de nos amis ni même l'existence des chôses dont nous n'avons aucune expérience directe.

De plus, nous oublions que chacun de nous est identique à l'un de ces objets extérieurs aux allures fuyantes dans le cadre de la « conscience présente » d'autres personnes car c'est ainsi que nous sommes vus actuellement (objet B ou C) ou seront vus après notre mort (objet A ou D) par d'autres.

Mais tous ces objets « A,B,C et D » malgré leur apparente solidité se révèlent dénués de toute substantialité car ce ne sont que de pures constructions mentales faites de souvenirs vérifiables et confirmables grâce aux informations plus ou moins exactes sur le passé fournies par les archives, photos, films, contes… C'est ainsi que nous croyons pouvoir prédire l'avenir « E » en le pensant lié à nos perceptions antérieures par une chaîne de causes à effets.

Bref, tout le tableau de notre cadre « conscience présente » apparaît finalement comme une image mentale individuelle dont l'apparente substantialité est soutenue par tous ces objets que l'on peut appeler des « faits ». Notre connaissance se limite au contenu de notre mémoire, chacun de nous croyant qu'il parcourt, sur la droite temporelle linéaire et à travers ce cadre « conscience présente » immédiate, un univers-paysage constitué d'objets dotés d'une réalité substantielle alors que nous ignorons tout de l'être qui s'imagine les voir ou des relations de celui-ci avec ces objets.

Le Tantrisme voit les choses différemment. Ce passé rempli d'objets n'est pas conçu comme un paysage traversé vu dans le cadre « conscience présente » mais comme une succession de choses que le présent (le monstre du Temps) vomit en le projetant hors de sa gueule.

En regardant par la gueule ouverte et vomissante du monstre du Temps nous avons une image de notre passé et de notre univers qui correspond avec celle du mode occidental de perception. Les objets défilent avec le paysage du passé s'éloignant de nous et disparaissant dans les profondeurs infinies du temps.

La grosse différence avec la vision tantrique c'est que le temps et les objets n'ont pas commencé en un point imaginaire perdu dans les profondeurs du tableau de notre cadre « conscience présente » mais sont projetés par chacun de nous comme si chacune des « consciences présentes » vomissait son propre univers d'expérience et de savoir.

Le passé n’est alors qu’une construction de l’esprit et la mémoire une illusion qui varie comme un mirage. C'est ainsi que nous sommes constamment projetés dans le passé ou le futur, perdus dans notre hyper-agitation mentale. Nous ne voyons le présent qu’à travers le voile de nos pensées comme derrière des vitres teintées mais c’est toujours dans le présent que notre vie se déroule

 

Autrement dit la cause et l'origine de toutes choses ne peut se découvrir « au dehors » parmi les objets déjà projetés dans le passé mais dans le mécanisme de projection lui-même dont l'une des fonctions est de donner à la réalité extérieure son apparente substantialité comme si elle nous entourait et possédait une origine perdue dans la nuit des temps (de manière imagée : la conscience présente=écran ciné et le mécanisme de projection=l'énergie du sujet, le monde tel qu'il nous apparaît=un film, la réalité=rêve).

 

L'enseignement fondamental du Tantra est lié au travail sur l'énergie. Cette énergie indestructible (car elle se produit constamment) fournit la force qui anime la projection. Dans l'état confus, elle révéle les émotions et la pensée, et dans l'état d'éveil, elle révèle la compassion et la sagesse. Pour le Tantra, il ne s'agit pas « d'aller au-delà de l'ego », « d'aller là-bas » ou « d'être là-bas » mais « d'être ici et maintenant ». C'est en fait une transmutation comme dans l'alchimie de nos ancêtres où le plomb n'est pas rejeté mais transmuté en or sans changer sa qualité métallique. Il faut donc remonter à la véritable origine de la réalité perçue pour ensuite vivre « les yeux grands ouverts sur les choses telles qu'elles sont ».

Pour tout vous dire, ce Grand Bazar ou Merdier Cosmique (lilâ, la Danse du Divin pour les hindous ; la Divine Comédie pour Dante), dans lequel nous consommons (gaspillons ?) notre vie, a pour Origine Ultime la manifestation énergétique de l'Esprit Fondamental ou Grand Mystère (Wakan Tanka) ou Brahma, Dieu, Allah ... (bref, un truc immuable et non-né) qui est par essence "vacuité", par nature "clarté, lumineux" et dont le mode de fonctionnement est "l'Intelligence sans obstruction" :

Cet Esprit Fondamental-Primodial ou Esprit d'Eveil ou encore Nature Fondamentale de Bouddha existe en toute chose animée ou inanimée (animale, végétale et minérale). Il est donc Energie, du fait de sa capacité à produire des manifestations grâce au rayonnement énergétique des 5 Lumières Pures  issues de sa luminosité fondamentale ou primordiale (genre les lumières de l'arc-en-ciel issues de la lumière blanche). Il peut être statique (Bindu = le point en sanskrit) et est alors en dehors du Temps et de l'Espace ou dynamique créant alors le Temps et l'Espace de par ses manifestations. Le Temps est une succession d'actions (et non ! Ce n'est pas de l'argent) et l'Espace, une juxtaposition d'actions.

Selon les tantras hindous cette Esprit-Energie possède à l'état dynamique, en acte (Shakti, principe féminin) ou à l'état statique, en potentialité (Shiva, principe masculin), 3 qualités intrinsèques (=gunas en sanskrit) : l'Impulsion (=Rajas), l'Inertie (=Tamas) et l'Equilibre (=Sattva). L'Impulsion-rajas permet à l'Energie de changer d'état (de statique elle passe à dynamique), mais l'Impulsion seule ne peut rien produire car aucune action ne peut être exercée si elle ne rencontre pas de résistance d'où l'Inertie-tamas (=passivité). L'Equilibre-sattva procède de ces 2 qualités, c'est le résultat commun de l'action exercée et de l'action subie.

Lorsque Bindu se gonfle, en basculant dans l'état dynamique, une série d'actions–réactions se déclenchent. L'enchaînement inextricable d'actions et de réactions constitue la « loi de causalité » ou « loi de causes et effets ». Apparaît ainsi un Univers illimité composé d'un amas de mondes cosmologiques de niveaux vibratoires différents allant du plus grossier au plus subtil-éthéré, la plupart étant habités par des êtres sensibles. Lorsque les manifestations de son expansion atteignent leur stade culminant il y a rétraction jusqu'à l'état statique (effet chewing-gum malabar bien maîtrisé). Puis le cycle recommence genre mouvement perpétuel.

En ce qui nous concerne, nous, centre de l'Univers puisqu'il se déploie autour de chacun dès sa naissance dans ce monde, l'Esprit Fondamental s'exprime à 3 niveaux :

Les 5 éléments dont les noms sont symboliques (terre, eau, feu, air, espace) unissent le macrocosme de l'univers et le microcosme du corps. Ce sont des principes cosmiques, des énergies cosmiques. Dans leur dimension énergétique la plus subtile, le bouddhisme tantrique (vajrayana) appelle ces 5 éléments les « 5 Lumières Pures » d'où les couleurs symboliques qui leur sont attribuées (terre : jaune ; eau : bleu ; feu : rouge ; air : vert ; espace : blanc ; les couleurs blanche et bleue peuvent être interverties, c'est selon…). Parler de « lumière » et de « couleur » à propos de ces 5 Lumières Pures est symbolique car elles sont plus subtiles que tout ce qui est perçu par les yeux et plus subtiles que toute énergie mesurable ou perceptible.


Les 5 éléments et leur couleur disposés en mandala

En surgissant dans la pure conscience primordiale ou Esprit fondamental ces 5 Lumières Pures, qui sont des aspects énergétiques de la Clarté-Luminosité primordiale, deviennent les 5 éléments et les 5 catégories de qualités. Elles font alors surgir toutes les autres manifestations énergétiques visibles ou invisibles qui sont à l'origine de l'Univers et des différents mondes d'existence. Toutes choses, animées ou inanimées, partagent donc la même base matérielle à savoir les 5 éléments qui sont des principes cosmiques, des énergies cosmiques. Ces éléments coexistent en étant présents ensemble de façon équilibré ou à des degrés divers, l'un ou deux d'entre eux pouvant dominer les autres qui n'existent alors qu'à l'état de trace. L'eau, le feu et l'air sont les éléments actifs. Remarquons au passage que la Science occidentale n'en a retenu que 4 aspects, les états de la matière (solide = terre, liquide = eau, gazeux = air et plasma = feu).  À ce sujet d'ailleurs, nous en faisons souvent une utilisation métaphorique : être terre à terre ou éthéré, ardent ou fluide, chaleureux ou froid, léger ou ferme … , en associant colère et chaleur, tristesse et humidité…  

Ils sont la nature des 5 qualités fondamentales de l’esprit (stabilité, continuité, clarté, mobilité, vacuité) :

On retrouve ces 5 éléments dans le corps où ils sont également constitutifs des 3 Humeurs de l'organisme dans le système médical tibétain ( le phlegme ou pékèn  : eau et terre  ; la bile ou tipa  : feu ; le vent ou loung  : air). Ces Humeurs correspondent à des processus subtils psychophysiques dont le substrat matériel est dû à leur composition à partir des Eléments. Leur équilibre engendre la santé et leur déséquilibre engendre la maladie.

Dans le corps physique :

Au niveau psychique (aspect positif / aspect négatif) :

En bref, à partir de l’esprit réunissant les 5 qualités se développe le corps physique. Ce corps est lui-même imprégné de ces qualités élémentaires et grâce au complexe corps-esprit nous percevons le monde extérieur composé également, en retour, des 5 qualités élémentaires.